Comparatif fiscal : auto-entrepreneur en France vs société à Dubaï
Quand on est auto-entrepreneur en France, on a souvent l’impression que le système est “simple”. En réalité, la simplicité est surtout administrative, parce que la fiscalité et les charges deviennent vite un plafond dès que le chiffre d’affaires augmente. À l’inverse, créer une société à Dubaï n’est pas une solution magique, mais c’est un modèle qui peut devenir très intéressant si vous avez une activité exportable, une marge correcte et une volonté réelle de structurer votre expatriation.
L’objectif ici n’est pas de vendre du rêve, mais de poser un comparatif clair entre deux logiques : micro-entreprise française et société à Dubaï. Et surtout, d’expliquer à partir de quel niveau de revenus la différence devient réellement visible.
Pourquoi ce comparatif revient tout le temps
En France, le statut auto-entrepreneur est souvent choisi pour démarrer vite : déclaration facile, charges calculées sur le chiffre d’affaires, comptabilité allégée. Mais dès qu’on dépasse un certain niveau de revenus, les limites apparaissent : plafonds de chiffre d’affaires, impossibilité de déduire ses charges réelles, et un coût global qui grimpe rapidement, même sans impôt sur le revenu très élevé.
À Dubaï, l’approche est presque inverse : on structure une activité via une société, avec des obligations plus sérieuses, mais souvent avec une fiscalité plus lisible pour certains profils. Pour comprendre les règles en détail et éviter les erreurs d’interprétation, vous pouvez vous appuyer sur ce guide complet sur la fiscalité à Dubaï.
Auto-entrepreneur en France : simple, mais vite limitant
Le régime micro a un avantage immédiat : vos charges sociales sont calculées directement sur le chiffre d’affaires, sans vous demander de justifier vos dépenses. C’est idéal pour démarrer, tester une offre, se lancer en freelance. Mais il faut comprendre une chose : vous payez des cotisations même si vos charges sont élevées, parce que le calcul se fait sur le chiffre d’affaires, pas sur le bénéfice.
Le vrai problème : vous ne déduisez pas vos charges réelles
Si vous avez beaucoup de dépenses (logiciels, pub, sous-traitance, déplacements, matériel), l’auto-entreprise devient pénalisante. Vous pouvez faire un chiffre d’affaires correct, mais avoir un bénéfice réel beaucoup plus faible. Et malgré cela, les cotisations restent calculées sur le brut encaissé.
C’est souvent la bascule psychologique : l’auto-entrepreneur travaille, encaisse, puis se rend compte que le net final est moins “libre” qu’il ne l’imaginait.
Le plafond de chiffre d’affaires bloque la croissance
Autre limite : le plafond. Même si vous avez de la demande, vous ne pouvez pas croître indéfiniment sans changer de structure. Cela pousse mécaniquement vers une société française (EURL, SASU), avec une fiscalité et des obligations bien différentes.
Société à Dubaï : une logique plus “entreprise”, mais souvent plus optimisable
À Dubaï, on ne parle pas d’auto-entrepreneur au sens français. On parle plutôt de licence (freelance ou société) et d’une structure permettant d’exercer légalement, facturer, ouvrir un compte bancaire, obtenir un visa de résidence si nécessaire, et construire une base cohérente.
Impôt sur le revenu personnel : l’énorme différence
Le point qui attire le plus : pour un résident fiscal aux Émirats, les revenus personnels, qu’il s’agisse de salaires, de dividendes ou de plus-values, sont en pratique à 0%. Cela ne veut pas dire “zéro coût”, mais cela change l’équation : ce que vous vous versez n’est pas taxé comme en Europe, si tout est correctement structuré.
Corporate tax : 0% ou 9% selon les cas
Depuis l’introduction de l’impôt sur les sociétés, une partie des bénéfices peut être taxée. Mais le système reste souvent compétitif selon l’activité, la structuration et les critères applicables. Là encore, il faut éviter les raccourcis et comprendre les règles avant de décider.
Exemple concret : même chiffre d’affaires, deux réalités de net
Prenons un cas simple : un freelance qui facture des prestations de services et réalise 100 000 € de chiffre d’affaires annuel, avec une marge confortable.
En micro-entreprise française, les cotisations sont prélevées sur le chiffre d’affaires. Et même si vous ne payez pas forcément beaucoup d’impôt sur le revenu selon votre situation, vous perdez une partie importante en charges, sans pouvoir déduire toutes vos dépenses.
À Dubaï, le coût se répartit autrement : licence, visas éventuels, comptabilité, banque, parfois bureaux ou flexi-desk selon la structure. La différence, c’est qu’au lieu d’être “mangé” par un pourcentage automatique sur votre chiffre d’affaires, vous avez plus souvent une logique de coûts fixes et une structuration qui peut laisser plus de marge sur le net final, à condition de respecter les règles.
Le comparatif doit inclure le coût de vie
C’est un point crucial. Beaucoup comparent uniquement la fiscalité. Or, Dubaï peut coûter plus cher sur certains postes : logement, santé, scolarité si vous avez des enfants. Pour un célibataire ou un couple sans enfant, l’équation peut être très favorable. Pour une famille, il faut être plus stratégique, parce que l’avantage fiscal peut financer des dépenses privées.
Pour quel profil Dubaï devient réellement intéressant
Dubaï n’est pas “mieux” dans l’absolu. C’est mieux pour certains profils précis.
Les profils qui en profitent le plus
Freelances et consultants avec clients internationaux, marge correcte, revenus déjà élevés. Entrepreneurs e-commerce ou services exportables. Dirigeants qui veulent structurer leurs flux de revenus proprement. Profils mobiles capables de déplacer leur centre de vie et de décision.
Les profils qui doivent être prudents
Activités très locales en France ou en Europe. Personnes qui ne peuvent pas réellement s’installer. Entrepreneurs qui veulent une société “à distance” sans substance réelle. Familles avec budget serré et gros coût d’école.
Le point le plus important : la conformité, pas le mythe
Le risque numéro un, c’est de croire que “créer une société à Dubaï” suffit. Dans la réalité, ce qui compte, c’est : résidence fiscale cohérente, activité réelle, documentation solide, flux bancaires logiques. Un montage fragile coûte toujours plus cher qu’une structure propre.
Conclusion
Le régime auto-entrepreneur français est excellent pour démarrer, mais il atteint vite ses limites dès que le chiffre d’affaires augmente ou que les charges réelles deviennent importantes. La société à Dubaï peut offrir une structure plus optimisable et plus compétitive pour certains profils, mais elle exige une installation réelle, une organisation sérieuse et une approche conforme.
Le bon choix dépend de votre activité, de votre niveau de revenus, de votre capacité à vous installer réellement, et de votre stratégie à moyen terme. Si vous voulez jouer sur le long terme, le comparatif ne se résume pas à un taux, mais à une structure complète.